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Le superbe travail des collégiens de La Trinité autour des artistes Boltanski et Moya
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Des élèves et des professeurs d'arts plastiques du collège La Bourgade de La Trinité ont travaillé cette année sur un projet ambitieux pour valoriser les œuvres d'art installées dans l'établissement au titre du "1 % artistique". Ce projet a pour objectif d'amener les collégiens à s'approprier le travail des artistes Boltanski et Moya. Le vernissage de l'exposition « à la rencontre d'œuvres in situ » a eu lieu le lundi 6 juin 2016. Ce sont des élèves qui ont joué le rôle de médiateur auprès des parents et des représentants de l'académie de Nice.

Le 1% artistique dans les constructions publiques, dont les établissements scolaires, montre la volonté publique de soutenir la création et de sensibiliser le grand public et notamment les élèves à l'art contemporain. L'obligation de décoration des constructions publiques, communément appelée « 1% artistique » est une procédure spécifique de commande d'œuvres à des artistes qui s'impose à l'État, à ses établissements publics et aux collectivités territoriales.

Maud Machefer, Julie Sonhalder, Agnès Perron, les professeures d'arts plastiques du collège La Bourgade de la Trinité, soutenues par l'équipe de direction et sa principale Maryline Molle, ont mené durant l'année scolaire un projet pédagogique destiné à faire en sorte que les collégiens s'approprient le travail de Boltanski et Moya, deux artistes dont les œuvres sont présentes dans le collège.

Wassim, Florian, Enzo et Ismaël formidables passeurs de culture

Fruit de ce travail annuel, le vernissage de l'exposition « à la rencontre d'œuvres in situ » s'est déroulé le lundi 6 juin 2016 en présence d'élèves, de parents, de professeurs, de l'équipe de direction et de Michel-Jean Floc'h, inspecteur d'académie Ia-Dasen des Alpes-Maritimes, de Josyane Rouch, inspectrice Ia-Ipr d'arts plastiques de l'académie de Nice et de Julien Destefanis, chargé de mission à la Délégation académique à l'éducation artistique et culturelle (DAAC).

Le 6 juin, Wassim, Florian, Enzo et Ismaël ont été de formidables médiateurs culturels de cette exposition-hommage au 1 % du collège La Bourgade. Cette médiation était conçue comme une pièce jouée en différents lieux par ces collégiens qui se déplaçaient et s'interrogeaient devant les œuvres de Boltanski puis de Moya.

 
Extraits de cette médiation

Wassim (le narrateur) : Bienvenue à tous ! Je suis wassim votre maître de cérémonie et j'ai l'honneur de vous accompagner pour une visite très originale. Le collège de la bourgade a le privilège de posséder deux œuvres in situ de deux artistes différents : Christian Boltanski et Patrick Moya.

Ismaël (dans le rôle de l'élève) : Monsieur, c'est quoi in-situ ?

Wassim : C'est une œuvre qui existe dans et avec son environnement. En latin cela signifie être dans son milieu naturel.

Ismaël : Elle est comme une plante qui aurait poussait là. Alors on a comme deux plantes: L'espèce Moya et l'espèce Boltanski.

Boltanski (joué par Florian) : Espèces? Oui, j'aime bien le mot espèce, oui cela me va !

Ismaël : Mais, qui c'est? Boltanski Il s'agit d'artistes contemporains dont la notoriété dépasse notre pays. Ces œuvres artistiques s'inscrivent dans le cadre du 1% artistique.

Ismaël : Mais Monsieur, c'est quoi 1% ?

Boltanski : On a la chance dans notre pays de promouvoir l'art contemporain dans l'éducation en lui consacrant 1% du budget à chaque nouveau établissement.
Moya (joué par Enzo) : ...et de sensibiliser les jeunes générations à toutes formes artistiques.

 

Un travail en amont très important

Ce projets a été coordonné par Maud Machefer, professeur d'arts plastiques qui a souhaité proposer à ses élèves de 5ème d'élargir leur champ de vision, d'apprendre à se documenter et à travailler avec toute une équipe pédagogique en croisant les disciplines, échanger avec des intervenants extérieurs... Le tout en partant de l'environnement culturel de proximité de l'élève. Pour cette année 2015/2016, le choix s'est porté sur les œuvres in situ des artistes plasticiens Christian Boltanski et Patrick Moya, un moyen également de revaloriser le collège de La Trinité aux yeux des élèves qu'ils considèrent parfois « loin de tout ».

Hervé Maincent, principal adjoint du collège, a pris soin de présenter les œuvres in-situ à Madame Machefer dès sa prise de fonction à la rentrée scolaire 2015, en soulignant la nécessité de les valoriser dans le cadre du 1% artistique. Florence Ioualalen-Martin professeure-documentaliste, en charge de la culture, ainsi que la gestionnaire se sont impliquées pour évaluer puis commander les matériels nécessaires. Le projet, son planning et ses enjeux pédagogiques, ont été présentés d'abord aux élèves puis aux parents lors d'une première rencontre parents-professeurs le 29 septembre 2015. La principale avait bien sûr validé les grandes lignes du dispositif.

Un face-à-face enthousiaste et poétique avec l'œuvre

Le projet a réellement démarré pour les élèves par une visite guidée des lieux contenant les œuvres des deux artistes. Afin d'optimiser cette visite, les élèves ont dû effectuer des recherches en amont au C.D.I, à la médiathèque de la Trinité ou encore sur Internet afin d'apporter le jour J, une reproduction dessinée, imprimée ou décalquée avec un cartel contenant le nom de l'artiste, le titre de l'œuvre, la date, le lieu d'exposition, les dimensions, techniques. Cette première séance a mêlé des temps d'observation d'une quinzaine de minutes devant chaque œuvre et des échanges au C.D.I pour compléter la fiche d'analyse plastique.

Ce premier face-à-face avec les œuvres a soulevé l'enthousiasme des élèves. Leurs divers points de vue ont apporté de la poésie à l'analyse : l'œuvre de Moya devient comique car envahie de comics tandis que Boltanski utilise le photo-cadrage pour mettre en valeur un univers cosmique. L'idée de laisser libre court à leurs interprétations s'est définitivement imposée lors d'une rencontre avec l'artiste Patrick Moya en novembre 2015. Les collégiens ont appris progressivement à identifier les thèmes, les démarches et les techniques des deux artistes, repérer les codes formels (lignes directrices, composition,...) et nommer les codes chromatiques (lumière, tonalité,...) et photographiques. Leur participation orale est gratifiée par des bonus comptabilisés dans leur notation !.

Comment faire prendre la greffe ?

La 2ème partie du projet débute par une définition du mot « greffe » dans ses sens botanique et chirurgical. Les élèves citent ensuite des synonymes du verbe greffer puis l'énumération évolue vers l'idée d'intégration à un groupe, l'arrivée d'un nouvel élève dans la classe illustrant cette image. Pour s'adapter à de nouveaux camarades de classe, il faut parfois savoir adopter leurs codes vestimentaires ou linguistiques sans pour autant oublier sa propre personnalité.

A partir de cette réflexion, le collégien s'interroge pour savoir comment greffer sa propre création entres deux œuvres d'artistes qui s'opposent déjà par la forme, la couleur et la technique... ou comment créer une continuité entres les deux images d'artistes pour donner l'impression d'une seule et même image... en cours d'arts plastiques, les élèves ont d'abord dû déchirer d'un seul côté des reproductions en couleur d'œuvres de Moya et de Boltanski.

Après avoir collé ces deux fragments sur une feuille A3, en prenant soin de les éloigner, l'espace créatif est alors défini. Au crayon gris, les élèves ont alors cherché des liens formels. Sans occuper nécessairement tous l'espace, les lignes du crayons gris se propagent en créant des zones de pleins et de vides. Sans toucher aux images collées, les tracés s'enracinent de part et d'autre des images pour faire germer dans l'espace vierge du support une unité plastique.

Construire par la couleur

En variant les actions plastiques lors des deux séances suivantes, l'illusion optique est devenue plus nette. La projection en classe de l'huile « Impression soleil levant » de Claude Monet (1872) a permis aux élèves d'observer le rendu de l'aquarelle et d'introduire des nuances chromatiques dans les dégradés du fond. Ils ont aussi dû s'imprégner de la gestuelle de leur professeur pour se l'approprier et l'adapter à leur tour dans leur création. Ils ont tous une palette de gouache qu'ils partagent avec leurs voisins sur des tables agencées en îlots, une promiscuité qui a davantage favorisé l'entraide et la concentration des binômes que les bavardages. Certains, ne sachant comment opérer, ont même été invités à observer la démarche de leurs voisins.

Ces séances ont permis aux élèves d'apprécier le rendu des nuances chromatiques, de partager les actions plastiques (coller, assembler, estomper, surligner, combiner, superposer, imbriquer, colorer...) et les procédures utilisées (prélèvement, assemblage, collage...).

Construite sur la thématique du «passage», cette situation d'apprentissage a permis aux élèves de se réapproprier progressivement ces œuvres d'art qui font partie intégrante de la vie du collège. En agissant plastiquement autour de ces images, les collégiens de La Trinité ont « greffé » leur regard neuf sur des œuvres d'art contemporain. L'exposition de leurs productions, laisse également alors une empreinte positive dans la mémoire visuelle des autres collégiens ; ces derniers devront s'arrêter à leur tour pour rechercher les artifices plastiques qui composent les œuvres es élèves-artistes de 5ème.

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