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Voyage de la mémoire à Auschwitz : le formidable message de tolérance donné aux lycéens
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147 élèves et enseignants de lycées des Alpes-Maritimes et du Var se sont rendus à Auschwitz en Pologne jeudi 2 février 2017. Pour ce voyage de la mémoire au sein des sites des camps de concentration et d'extermination Auschwitz I et Auschwitz II-Birkenau, les élèves ont été accompagnés par des historiens du Mémorial de la Shoah et des guides du musée d’Auschwitz. Les lycéens ont eu la chance de passer toute cette journée avec Ginette Kolinka, qui a transmis aux jeunes générations avec une force inouïe son passé de déportée puis de rescapée. Ce dispositif s’inscrit dans le cadre du dispositif partenarial mené entre les académies d’Aix-Marseille et de Nice, la région  Provence-Alpes-Côte d’Azur et le Mémorial.

Voyage de la mémoire à Auschwitz : le formidable message de tolérance donné aux lycéens

Le Mémorial de la Shoah, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et les académies d'Aix-Marseille et de Nice organisent chaque année des voyages d'études à Auschwitz afin d'élever le travail de mémoire et d'histoire au rang d'obligation citoyenne.

 ... élever le travail de mémoire et d'histoire
au rang d'obligation citoyenne. 

L'objectif est permettre à plus de 300 lycéens des deux académies de comprendre l'histoire au travers d'un programme de sensibilisation, de bénéficier de l'accompagnement des équipes du Mémorial de la Shoah mais également de développer leur apprentissage de la citoyenneté et d'encourager leur esprit de solidarité et de tolérance. 

Chaque année depuis 10 ans, 150 lycéens de l'académie de Nice (et autant de l'académie d'Aix-Marseille) sont sélectionnés par une commission pour participer à ce voyage d'étude. 

 ... depuis 10 ans, 150 lycéens de l'académie de nice sont sélectionnés ...

Les équipes enseignantes doivent réaliser un projet pédagogique dans lequel s'inscrit le voyage d'étude.

Les lycéens de Don Bosco à Nice, par exemple, travaillent cette année sur un projet pédagogique autour des enfants cachés pendant la 2nde Guerre mondiale dans les Alpes-Maritimes.

Ils se sont déjà rendus durant cette année scolaire sur le site mémorial du Camp des Mille à Aix, au Musée-Mémorial à Paris, au camp de Drancy ou au musée de la résistance azuréenne à Nice. La démarche adoptée, les actions qui seront encore menées avec la classe après le déplacement en Pologne, ainsi que les différentes réalisations prévues (exposition, film, site internet, atelier d'écriture...) font l'objet d'une restitution qui a lieu à Marseille en fin d'année scolaire...

... un projet pédagogique dans lequel s'inscrit le voyage d'étude ... 

Le plus grand cimetière du monde, sans aucune tombe

Cette année, 147 élèves et enseignants des lycées Thierry Maulnier et Don Bosco de Nice, Thomas Edison de Lorgues, Val d'Argens du Muy, Claret de Toulon et le lycée professionnel agricole Les Magnarelles aux Arcs ont embarqué avant l'aube depuis l'aéroport de Nice Côte d'Azur pour celui de Cracovie en présence de Thierry Flavian, coordinateur du service pédagogique du Mémorial de la Shoah.

Durant le transfert par bus, des guides francophones du musée d'Auschwitz ont présenté un historique de la Pologne et de la présence des juifs en Pologne, qui a commencé il y a plus de mille ans.

Cette histoire commune comprend de longues périodes de tolérance et de prospérité pour la communauté juive polonaise mais aussi des périodes plus sombres avec le progroms. Après la Première Guerre mondiale, la Pologne compte 3 500 000 juifs, soit 10 % de sa population dans ses frontières... jusqu'à la destruction quasi entière de la population juive par les nazis.

L'arrivée des élèves s'est faite à 1,5 kilomètre avant le camp d'Auschwitz II-Birkenau, au niveau de la Judenrampe, lieu d'arrivée des convois en trains pour la terrible sélection entre ceux qui sont « aptes au travail » et ceux très majoritaires qui sont immédiatement massacrés.

Tout au long de la matinée, les élèves, séparés par classes bénéficient des explications des 6 historiens du Mémorial de la Shoah et n'hésitent pas à leur faire part de leurs questions, de leurs doutes parfois et de leur incompréhension devant l'horreur.

Les élèves ont marché plusieurs heures dans la neige de ce camp de 175 hectares et se sont notamment rendus dans les baraquements du camp des femmes, devant la 2ème rampe de sélection construite plus tard pour plus « d'efficacité », le Kanada avec les chambres de déshabillage pour la prise des effets personnels, les douches et espaces de « désinfection », les restes du Bunker II , une ferme transformée en chambres à gaz...

Les élèves se sont ensuite rendus devant le monument commémoratif pour les discours des officiels et d'une rescapée de ce camp Ginette Kolinka qui a répété qu'Auschwitz était « Le plus grand cimetière du monde et sans aucune tombe ». Elle leur a répété « plus jamais ça, plus jamais ça. » avant un moment de recueillement.

... plus jamais ça, plus jamais ça ... 

Arbeit macht frei 

L'après-midi, les lycéens sont allés à Auschwitz I, camp de concentration et de travail forcé mis en service en mai 1940.

L'entrée s'effectue par un portail qui porte la tristement célèbre inscription « Arbeit macht frei » (le travail rend libre). Le camp est prévu pour les résistants, des prisonniers de guerre soviétiques, des prisonniers politiques mais aussi des tziganes, les homosexuels, handicapés, témoins de Jéhovah, juifs...

... le camp est prévu pour les résistants, des prisonniers ... 
les homosexuels, handicapés, témoins de jéhovah, juifs ... 

Avec les guides du site, les élèves se rendent dans plusieurs bâtiments pour se rendre compte du système mis en place :

  • les conditions d'hygiène,
  • la malnutrition,
  • les mauvais traitements,
  • les conditions de détention,
  • les expériences de stérilisation sur les femmes,
  • les exécutions

... mais aussi le bâtiment comprenant une chambre à gaz et un crématoire, installation reconstruite après la guerre à partir du matériel resté sur place.

Toute l'énergie du témoignage de Ginette Kolinka, déportée du convoi 71

Les élèves comme les adultes accompagnateurs ont été extrêmement sensibles au témoignage de Ginette Kolinka, présente avec eux tout au long de cette journée.

 Ginette Kolinka

Née Cherkasky en 1925 à Paris, Ginette est arrêtée le 13 mars 1944 à Avignon par la Gestapo avec son père, son frère de 12 ans et son neveu de 14 ans. Ils passent par les prisons d'Avignon et de Marseille avant d'être internés au camp de Drancy. Elle raconte cette période avec les amies qu'elle rencontre, l'absence de crainte voire même d'insouciance. Le 13 avril 1944, ils sont déportés par le convoi 71 depuis la gare de Bobigny jusqu'à Auschwitz II-Birkenau.

Après un voyage - déjà inhumain - en wagons à bestiaux, elle raconte le tri de « Judenrampe » et explique que le plus dur pour elle est de se mettre nue devant tout le monde, un exercice bien plus dur que le tatouage ou le rasage des poils.

Matricule 78 599, Ginette est affectée dans le camp des femmes et c'est à ce moment-là qu'elle apprend que ceux qui sont partis sur les camions, comme son père et son frère, sont déjà gazés.

Elle qui n'a plus jamais pleuré depuis la fin de la 2nde Guerre mondiale, va raconter avec ses mots simples la vie à Birkenau, son travail pour creuser des fosses et paver des routes, les conditions de vie effroyables, les haillons, la nuit par 6 dans un espace minuscule, les coups des Kapos...

 

Les lycéens et lycéennes écoutent - silencieux et parfois très émus son transfert jusqu'à Bergen-Belsen, son travail en usine à Raguhn jusqu'au camp de Theresienstadt en avril 1945 où elle est atteinte du  typhus.

... les lycéens et lycéennes écoutent

silencieux et parfois très émus ... 

Elle va aussi faire part de son retour à Paris en juin 1945, où elle retrouve 4 de ses sœurs et sa mère, à qui elle annonce de manière brutale que son mari et son fils ont été gazés.

Lors de chaque prise de parole elle fait sans cesse référence « à la chance » qu'elle a eu durant cette période dans les camps mais aussi après la guerre contrairement à tous les autres.

Aujourd'hui, elle accompagne de nombreux voyages à Auschwitz et témoigne fréquemment auprès des jeunes...

A chaque fois une leçon de vie et un message de solidarité et de tolérance en réponse au racisme, à l'antisémitisme et à toutes formes de discriminations.



Laurence Trastour-Isnart, conseillère régionale Paca, vice-présidente de la commission Lycée, Apprentissage, Formation Professionnelle, Jeunesse, Sandra Torrès, conseillère régionale, vice-présidente de la Commission Euro Méditerranée, et pour l'académie de Nice, Anne Durand, Stephane Dzyga,  Patrick Demeusoy, inspecteurs de l'Éducation nationale / enseignement technique et Romain Serigne, directeur de la communication ont participé à ce déplacement.

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