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Le jeu du bon comportement à l'école de Garbejaire pour prévenir très tôt les risques addictifs
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La ville de Valbonne Sophia-Antipolis, l'académie de Nice, l'Agence régionale de Santé et l'INPES sont partenaires d'un dispositif de prévention des risques addictifs chez les jeunes. L'école de Garbejaire expérimente ce « jeu du bon comportement » dans ses classes depuis la rentrée scolaire 2015. Lundi 11 janvier 2016, ce sont les écoliers de CM2 qui y ont « joué ». Ce jeu est issu d'un programme de prévention américain intitulé, Good Behavior Game (GBG), qui a déjà fait ses preuves dans d'autres pays qui est donc désormais adapté pour la France.

Depuis septembre 2015 et pour toute l'année scolaire, l'école élémentaire de Garbejaire de Valbonne a mis en place pour l'ensemble des classes le Good Behavior Game (GBG) ou le jeu du bon comportement, une technique de management basée sur la solidarité et la valorisation des comportements.

Pour y jouer, les élèves sont répartis en équipes de 4 à 7 élèves, avec une répartition égale entre les filles et les garçons, les types de comportements et les capacités d'apprentissage. Le GBG se déroule pendant le temps des activités habituelles de la classe, sans modifier l'emploi du temps ou le programme. Le jeu n'empiète donc pas sur le temps prévu pour les apprentissages, car les enfants pratiquent le GBG pendant qu'ils travaillent sur leurs leçons habituelles. Lundi 11 janvier 2016, les élèves de la classe de CM2 de Marina Daunis et de Marie-Jo Orsoni (également directrice de l'école) ont joué eu GBG durant leur séance de piscine. A leur retour, ils ont rempli les tableaux et leur cahier GBG.

Une approche ludique des bons comportements à suivre avec 4 règles

Avant que le jeu ne débute réellement, les enseignants informent les écoliers sur les comportements attendus et sur le sens des 4 règles qui sont fixées sur la table de chaque élève : « travailler dans le calme », « être respectueux des autres », « ne se lever qu'avec la permission » et « suivre les consignes, faire le travail demandé ».

L'enseignant précise le niveau de voix qui est défini selon l'activité (travail individuel, en groupe,...) et se réfère à une grille (du niveau 0 qui est le silence au niveau 4 qui correspond à une voix sur un terrain de sport, trop forte pour la classe).La possibilité de se lever, ou non, est également déterminée par l'activité (aller chercher du matériel, prendre une fiche de travail en autonomie, poser son cahier... Les consignes en amont du jeu sont très importantes car l'enseignant, ne peut pas parler durant le jeu. En la durée du jeu est limitée et fixée par un chronomètre déclenché au début du jeu.

Un jeu possible aussi bien en cours de français, de mathématiques qu'en EPS

Pendant que les enfants travaillent sur une activité scolaire habituelle, l'enseignant observe et, quand une règle est rompue, se reporte au tableau des scores du jeu et fait une croix dans la case de la règle enfreinte avec le groupe correspondant.

Après le temps défini, l'enseignant termine le jeu en comptant le nombre de croix pour chaque groupe, et en signalant les équipes qui ont obtenu 4 croix ou moins. L'enseignant félicite les équipes gagnantes, sans jamais réprimander les équipes perdantes.

Les chefs d'équipe, qui changent chaque semaine, reportent sur le tableau des scores de la semaine un lorsque son équipe a gagné. Toutes les équipes peuvent gagner. Chaque élève reporte sur son cahier de GBG et chaque élève des équipes gagnantes se voit offrir un jeton.

Un programme et des récompenses qui évoluent au fur et à mesure de l'année scolaire

Chaque équipe gagnante peut accumuler des jetons et obtenir des récompenses. Au début de l'année scolaire, le GBG est joué pour approximativement 10 minutes, trois fois par semaine, les séquences de jeu sont fixées lors de moments prévisibles avec des intervalles de temps de réguliers, les récompenses sont immédiates et tangibles (gadget, livre, image, stylo, etc.). Puis au fil du temps, les récompenses sont moins tangibles et plus conformes aux attentes scolaires (par exemple gagner du temps supplémentaire pour lire un livre de son choix au cours de la journée de classe, choisir une activité pour la classe, etc.). A la fin de l'année scolaire, le GBG est également joué lors de différents temps de la journée, durant différentes activités, le jeu dure alors de 30 à 40 minutes et peut se dérouler plusieurs fois dans la semaine.

Un programme qui a fait ses preuves dans d'autres pays

Le GBG est un programme américain développé par l'American Institute for Research (AIR), qui a fait ses preuves en matière de développement des compétences psychosociales et dont l'efficacité a été démontrée par plusieurs études conduites auprès de différentes populations et qui a été implanté avec succès dans plusieurs sites européens au cours des dernières années (Pays-Bas, Belgique, Royaume-Uni). L'étude menée auprès des enseignants a montré une réduction des comportements perturbateurs en classe. Pour des élèves ayant suivi le programme durant un an à l'école primaire, l'impact est bénéfique au cours des années de lycée et même au début de l'âge adulte avec une réduction de la dépendance à l'alcool et aux drogues, de comportements antisociaux, de la délinquance, du taux d'emprisonnement, de l'usage du tabac, des tentatives de suicide et des idées suicidaires, les problèmes d'apprentissage, les difficultés émotionnelles ou encore de l'activité sexuelle à risque (rapports non protégés). Les études permettent de constater que les effets sont largement augmentés pour les élèves qui ont un haut niveau de comportements agressifs ou perturbateurs.

L'Agence régionale de Santé, et l'INPES sont partenaires de ce projet expérimenté par la ville de Valbonne Sophia-Antipolis et l'académie de Nice (Dsden des Alpes-Maritimes), avec le groupe de recherche sur la vulnérabilité sociale (www.grvs06.org).

Le dispositif « addictions » sur Valbonne Sophia Antipolis

Ce jeu du bon comportement fait partie d'un dispositif de prévention systématisée des risques addictifs mis en place sur Valbonne Sophia Antipolis depuis 2008 avec l'académie de Nice. Ce dispositif partenarial a pour objectifs de prévenir les usages nocifs de produits psychoactifs chez les jeunes, d'éviter ou de retarder les expérimentations et d'améliorer le repérage pour une prise en charge précoce des élèves. L'évaluation de ce dispositif, soutenu par la ville de Valbonne Sophia Antipolis, la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA) et l'Agence régionale de santé (ARS) PACA a mis en exergue la nécessité de démarrer la prévention dès l'école primaire. Si depuis 2011-2012, des actions thématiques (sommeil et écrans...) sont menées auprès des écoliers de Valbonne, une approche globale favorable au développement des compétences psychosociales des élèves est privilégiée.

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